Guzmán de Alfarache
Chef d’oeuvre du Siècle d’or espagnol, Guzmán de Alfarache (1599-1604) n’a rien perdu de son lustre. Dans cette nouvelle version française, écrite d’une plume alerte, l’histoire du Pícaro retrouve toute sa fringante vivacité.
Au dire de Mateo Alemán, la « fable » qui nous est ici contée est destinée au « seul bien commun » et à l’avènement d’un « homme parfait » : aussi lui donne-t-il la forme d’une longue « confession ». Au terme d’un périple qui le conduit aux galères, Guzmán, pécheur repenti dans l’attente de la grâce, se retourne sur son passé et travaille à son salut. Cette conversion, au propre et au figuré, est l’axe structurant de l’oeuvre : elle commande le mouvement permanent entre les événements passés et la leçon, tout en permettant d’embrasser d’un même élan réforme sociale et théologie. Dans cette histoire où tout est mouvement, la conversion entretient aussi pour l’agrément du lecteur un mélange des genres en alternant discours de haute tenue et récits enjoués d’aventures facétieuses, où les jeux de mots fleurissent à plaisir.
Par la magie du verbe, aujourd’hui comme hier, le lecteur se laisse emporter par ce récit virevoltant d’une vibrante actualité.