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Description sans domicile
(environ 80 pages)

Description sans domicile

Auteur(s) Wallace Stevens (A01), Bernard Noël (B06)
Editeur(s) UNES



Ean : 9782877043151

Date de parution : 22/05/2026

Résumé : « La vie est la partie essentielle de la littérature » écrit Wallace Stevens, ce qui n’est pas étonnant de la part de quelqu’un qui a pris le temps de vivre, et n’a publié son premier livre, Harmonium, qu’à 44 ans, en 1923, qui sera suivi d’une dizaine d’autres recueils jusqu’à sa mort, en 1955. Description sans domicile est un choix qui offre une traversée chronologique et lumineuse de l’œuvre, en autant d’instantanés qui en révèlent l’émotion autant que la perfection formelle. Outre son poème éponyme, on pourra y lire, dans la traduction de Bernard Noël, certains des poèmes les plus significatifs de l’un des poètes américains les plus importants. Ainsi, « La surface des choses », « Treize façons de regarder un merle », « De la poésie moderne », ou « Hommes faits de mots » (et les mots ici ne laissent rien au hasard), tracent un portrait unique du poète à sa table, de la beauté descriptive des débuts à l’abstraction aérienne, mentale de la fin. Il se joue ici un va et vient entre la nature, qui est le monde physique, réel, sensoriel, et la présence humaine, qui est le domaine des mots, de la conscience et de l’intériorité. Présence humaine qui tente de saisir le sens des choses qui toujours s’échappe, en s’appuyant sur la simplicité tangible d’arbres dans le vent, du vent dans les rideaux, de la lumière sur l’eau, des montagnes sous la neige, d’une étoile à travers la vigne, ou d’une simple poire sur une table, en autant de rêveries solitaires. Comme le dit Bernard Noël dans sa préface : « ce qui compte, c’est la création d’un flux d’être à l’intérieur duquel la chose réelle et la chose écrite s’accordent jusqu’au semblable », et il ajoute, « ce que la réalité est au monde, l’imagination l’est à la poésie ». Et en effet, pour Wallace Stevens, le poème est un espace mental, sa force de « description est révélation ». Le poème se lit ici dans le mouvement même de son écriture, il est une théorie à l’application immédiate. Comme le soleil, « ce qu’il paraît, il l’est », tout en faisant apparaître les choses. Le poème est « l’acte de trouver ce qui suffirait » pour justifier l’existence même du poème, pour donner la vie à voir, même si « de bout en bout c’est un monde de mots ». Comme un merle vole à travers l’espace et le temps, afin d’atteindre par la force de la description, un lieu, un domicile.

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