Tirage au sort et démocratie - Retour sur le cas athénien (Ve – IVe s. avant notre ère)
Athènes, un exemple de démocratie participative ?
La démocratie athénienne fait une large place au tirage au sort dans ses institutions civiques : il sert à désigner la majorité du personnel politique et soutient les principes de rotation et d’égalité théorique entre citoyens. Il dessine, avec la participation directe des citoyens et leur rémunération, un modèle démocratique alternatif, dont le fonctionnement contraste fortement avec celui de nos démocraties représentatives.
Dans cet ouvrage, les concepts chers aux réformateurs du régime représentatif – participation civique, diversité, descriptivité, égalité – sont confrontés aux questions et aux contraintes que pose la mise en œuvre concrète du tirage au sort à Athènes. Les citoyens athéniens participaient en plus grand nombre que nous à la gestion de leur démocratie : est-ce suffisant pour en faire un modèle participatif ? L’égalité d’accès formelle aux charges civiques instituée par les lois de la cité se concrétise-t-elle par une égalité vécue et ressentie, ou est-elle une simple indication normative qui n’a que peu d’effets sur la diversité des corps tirés au sort ? Pour évaluer cet écart entre norme et pratique, il faut se pencher sur le fonctionnement précis de cet outil étrange qu’est le tirage au sort.