L'orange et la poussière
Dans la famille Bonnegarde, je demande l'oncle, les mères, les quatre cousins, le petit-fils, le chat... et le grand-père devenu l'arbre le plus célèbre du pays
Drame chez les Bonnegarde : Aristide, doyen du clan, vient de rendre son dernier souffle. Comme si ce n'était pas suffisamment bouleversant, le défunt révèle post-mortem une dernière volonté incongrue : que ses cendres soient répandues sur le green du golf où il avait ses habitudes. Ses héritiers acceptent la mission malgré son illégalité, et se piquent même d'une drôle d'idée : placer ses cendres dans une urne biodégradable afin qu'elles deviennent le berceau d'un arbre.
Sauf que cette jolie intention va faire tomber le premier d'une folle série de dominos. Vient en effet d'entrer en vigueur un règlement conférant à une multinationale le contrôle de la quasi-totalité des arbres et végétaux d'Europe. Il est désormais interdit de planter la moindre petite bouture sans autorisation. En tentant de planter leur papi, les Bonnegarde sont donc devenus, bien malgré eux, les tout premiers délinquants coupables d'écocide, ainsi que des icônes révolutionnaires, et s'exposent à la traque de la firme. Celle-ci se lance à leur poursuite dans une cavalcade bientôt retransmise par tous les médias du pays.
Emma Deruschi livre un roman en forme de voyage où se croisent écologie, mémoire et poésie. Entre satire, fable et épopée, l'histoire d'une famille à la conquête de son droit à la liberté. Car empêcher un honnête citoyen de devenir un arbre, n'est-ce pas la première étape avant de lui interdire de devenir artiste, amoureux ou aventurier ?